Maison en madriers de 60 m² : plan, isolation et montage en photos
Une vraie maison d’habitation en madriers, avec ses chambres, sa salle de bains et sa terrasse couverte : c’est un projet très différent d’un abri ou d’un garage. Les murs doivent isoler, la toiture aussi, et le résultat doit passer les contrôles d’une construction neuve. Voici le chantier complet en photos, de la dalle aux finitions, avec le plan, les épaisseurs de murs et le résultat du test d’étanchéité à l’air.
Le chantier en vidéo, commenté étape par étape :
Le projet : plan et caractéristiques
La maison forme un rectangle tout en longueur, couvert par une toiture à deux pans. D’un côté, le séjour s’ouvre par une porte-fenêtre double sur une terrasse protégée par un auvent de 3 m, porté par une ferme en bois apparente. Au centre et à l’autre bout, deux pièces. Les pièces d’eau (WC, entrée, buanderie, salle de bains) sont regroupées en bande le long de la façade d’entrée : les réseaux sont plus courts et les petites fenêtres restent du même côté.

| Dimensions hors tout | 12,10 × 5,90 m (+ auvent de 3,00 m) |
| Surface habitable | 60,65 m² |
| Surface hors œuvre nette | 71,40 m² |
| Volume chauffé | 151,6 m³ |
| Murs | double madrier 45 mm + isolant 150 mm + madrier 45 mm |
| Hauteurs | environ 2,50 m à l’égout, 3,65 m au faîtage |
| Toiture | deux pans, volige 28 mm, fibre de bois entre chevrons, isolant mince réfléchissant, tuiles |
| Distribution | séjour 21,3 m², deux pièces de 14,9 et 12,7 m², WC, entrée, buanderie, salle de bains |
| Étanchéité à l’air (mesure finale) | Q4Pa-surf = 0,56 m³/(h·m²), objectif 0,60 |
Avant le chantier, le projet a été modélisé en 3D. Ces vues servent à valider les ouvertures, la position des cloisons et l’emprise de l’auvent avant de lancer la fabrication des madriers.



Pourquoi un double mur en madriers ?
Un mur en madrier simple, même épais, n’isole pas assez pour une habitation chauffée toute l’année. Ici, chaque mur est composé de deux parois de madriers de 45 mm, avec 150 mm d’isolant entre les deux. On garde l’aspect bois massif à l’extérieur comme à l’intérieur, sans doublage ni placo, tout en obtenant un mur d’environ 24 cm d’épaisseur.
Les cloisons intérieures sont elles aussi en madriers : elles s’emboîtent dans les murs de façade et participent à leur rigidité.
Le montage, étape par étape
1. La dalle et les réseaux
Tout commence par une dalle béton parfaitement plane, posée sur un soubassement en blocs. Les attentes d’eau, d’évacuation et d’électricité sortent de la dalle à l’emplacement exact prévu par le plan : une erreur ici se paie cher, car les murs en madriers ne se percent pas facilement après coup.


2. Les murs et les cadres de menuiseries
Les madriers arrivent repérés, comme les pièces de jonction des angles et des cloisons. Les murs montent rang par rang, et les cadres des fenêtres et des portes sont posés au fur et à mesure. Au-dessus de chaque cadre, on laisse un vide : le bois massif se tasse légèrement en séchant, et les menuiseries ne doivent pas reprendre la charge du mur.








3. Les murs à hauteur
Une fois les murs montés à hauteur, les menuiseries sont en place : fenêtres à petits bois, porte d’entrée vitrée, porte-fenêtre double côté terrasse. Les poteaux qui dépassent recevront la charpente de l’auvent.






4. Les pignons, les pannes et l’auvent
Les pignons sont eux aussi montés en madriers. Les logements des pannes y sont taillés directement, puis les pannes sont posées d’un pignon à l’autre. Côté séjour, l’auvent est porté par une ferme en bois apparent, assemblée sur place.






5. La toiture isolée
Sur les pannes, une volige de 28 mm forme le plafond visible depuis l’intérieur. Les chevrons sont fixés par-dessus, et les panneaux isolants en fibre de bois sont posés sur la volige, entre les chevrons. Par-dessus, un isolant mince réfléchissant multicouche couvre l’ensemble et fait aussi office d’écran de sous-toiture, avant le contre-lattage et les tuiles. Avantage de cette méthode : la charpente et le lambris restent apparents à l’intérieur.




6. L’intérieur
À l’intérieur, les gaines électriques et les réseaux d’eau passent au sol avant la chape. Les murs restent en bois brut, et le plafond en lambris suit la pente du toit, avec les pannes apparentes.




7. Couverture, lasure et finitions
Une fois les tuiles posées, la maison reçoit sa lasure et ses volets en bois à pentures noires. Dans la buanderie, un collecteur distribue l’eau chaude et l’eau froide vers les pièces d’eau, et un chauffe-eau thermodynamique produit l’eau chaude sanitaire.








Le test d’étanchéité à l’air
Pour une maison neuve, l’étanchéité à l’air est mesurée en fin de chantier avec une porte soufflante. Une maison en bois massif fait souvent peur sur ce point, à cause des jonctions entre madriers et autour des menuiseries. Ici, la mesure finale a donné 0,56 m³/(h·m²) sous 4 Pa, pour une valeur maximale de 0,60 : l’objectif est atteint.
Le soin apporté aux jonctions des madriers, aux cadres de menuiseries et aux traversées de gaines fait toute la différence. C’est sur ces points qu’il faut être exigeant pendant le montage, pas après.
Nos conseils pour une maison en madriers
- Prévoir le tassement : un jeu au-dessus de chaque menuiserie, et des fixations qui laissent le mur descendre.
- Figer le plan des réseaux avant la dalle : les attentes doivent tomber au bon endroit, les madriers se percent mal après coup.
- Choisir un mur adapté à l’usage : pour une habitation chauffée, un double mur isolé plutôt qu’un madrier simple.
- Soigner l’étanchéité à l’air dès le montage : jonctions, cadres et passages de gaines.
- Protéger le bois rapidement : lasure dès que la maison est hors d’eau, et débords de toiture généreux.
Les démarches
Une maison d’habitation demande un permis de construire, quelle que soit sa surface. Pour un particulier qui construit pour lui-même, le recours à un architecte n’est obligatoire qu’au-delà de 150 m² de surface de plancher. La maison doit aussi respecter la réglementation thermique en vigueur : la RT 2012 à l’époque de ce chantier, la RE2020 aujourd’hui, avec une attestation de fin de travaux qui inclut la mesure d’étanchéité à l’air.
Vous préférez commencer plus petit ? Voyez aussi notre article sur le montage complet d’un garage en madriers.
Questions fréquentes
Quelle épaisseur de mur pour une maison en madriers habitable ?
Sur ce chantier, les murs font environ 24 cm : deux parois de madriers de 45 mm avec 150 mm d’isolant entre les deux. Un madrier simple suffit pour un abri ou un garage, mais pas pour une habitation chauffée toute l’année.
Une maison en madriers peut-elle passer le test d’étanchéité à l’air ?
Oui. Cette maison a obtenu 0,56 m³/(h·m²) lors de la mesure finale, pour une exigence de 0,60. Le résultat dépend surtout du soin apporté aux jonctions, aux cadres de menuiseries et aux passages de gaines.
Faut-il un permis de construire pour une maison en madriers ?
Oui, comme pour toute maison d’habitation. Un particulier qui construit pour lui-même n’a l’obligation de passer par un architecte qu’au-delà de 150 m² de surface de plancher.
Comment gère-t-on le tassement du bois ?
On laisse un vide au-dessus de chaque cadre de fenêtre et de porte, pour que le mur puisse descendre légèrement sans écraser les menuiseries. Les fixations entre murs et éléments rigides doivent aussi permettre ce mouvement.
Comment la toiture est-elle isolée ?
Une volige de 28 mm forme le plafond apparent. Des chevrons sont posés dessus, avec des panneaux de fibre de bois entre eux, puis un isolant mince réfléchissant qui sert aussi d’écran de sous-toiture, le contre-lattage et les tuiles.

