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Agrandissement de maison en ossature bois sur deux niveaux : le chantier en photos

Pousser les murs d’une vieille maison en pierre sans repartir pour des mois de maçonnerie : c’est tout l’intérêt de l’agrandissement en ossature bois. Voici un chantier réel, photographié du premier coup de pioche jusqu’aux pièces meublées : une extension de 5,40 × 4,00 m sur deux niveaux, accolée à l’arrière d’une maison de village du Sud-Ouest. Au programme : un séjour de 19 m² au rez-de-chaussée, une chambre de 19 m² à l’étage, un escalier hélicoïdal et un toit monopente en tuiles romanes adossé au mur existant.

En bref
  • Extension R+1 de 5,40 × 4,00 m, soit 2 × 19 m² habitables (environ 41 m² de surface hors œuvre nette)
  • Fondation : semelle filante en béton armé, plancher bas en bois
  • Murs : ossature Douglas 145 × 45 mm, OSB 9 mm, pare-pluie, bardage pin classe 4 ivoire
  • Isolation : laine de roche 2 × 60 mm dans les murs, lambris pin à l’intérieur
  • Toiture monopente 30 % adossée à la maison, tuiles romanes, chevrons apparents
  • Liaison avec la maison : un passage existant au rez-de-chaussée et une ancienne fenêtre ouverte à l’étage
Avant / après : l'arrière de la maison en pierre et l'agrandissement ossature bois terminé
Avant / après : l'arrière de la maison en pierre et l'agrandissement ossature bois terminé

Le projet : gagner deux pièces sans toucher au jardin de devant

La maison existante est une bâtisse en pierre, avec un jardin en pente à l’arrière. Le terrain est petit et l’extension devait rester compacte : l’idée a été de monter en hauteur plutôt que de s’étaler. Résultat, une « tour » de deux niveaux de 4 mètres de profondeur, collée au mur arrière, qui dessert la maison par deux ouvertures déjà présentes dans la façade.

Le choix du bois tient en trois raisons : un chantier rapide et propre dans un jardin étroit, une structure légère qui ne charge pas les vieilles fondations de la maison, et un rendu chaleureux à l’intérieur, avec le mur en pierre laissé apparent.

Plan et caractéristiques techniques

Plan redessiné : rez-de-chaussée, étage et coupe (cotes indicatives)
Plan redessiné : rez-de-chaussée, étage et coupe (cotes indicatives)
Dimensions extérieures5,40 × 4,00 m
Niveauxrez-de-chaussée + étage
Surface habitable2 × 19 m² (≈ 38 m²), SHON ≈ 41 m²
Hauteur sous plafond RDC2,50 m
Hauteursplancher d’étage + 2,70 m · égout + 4,73 m · haut de toiture + 5,82 m
Fondationsemelle filante en béton armé
Structureossature bois Douglas 145 × 45 mm
ContreventementOSB 3 de 9 mm
Bardagepin massif classe 4, 22 × 135 mm, pose horizontale, teinte ivoire
Isolation des murslaine de roche semi-rigide 2 × 60 mm
Toituremonopente 30 %, débord 25 cm, tuiles romanes, gouttière alu
Menuiseriescoulissants alu 2,40 × 1,10 m et porte-fenêtre 1,40 × 2,15 m, double vitrage 4/16/4 argon, volets roulants électriques
Finitionslambris pin 13 mm, parquet pin des Landes 21 mm, escalier hélicoïdal bois

Valeurs reprises du dossier de permis et du descriptif du chantier ; elles ne remplacent pas une étude de structure pour votre propre projet.

Les étapes du chantier en photos

1. Terrassement contre la maison

Le terrain est dégagé à la main, contre le mur arrière. On met à nu la base de la maison : sa fondation en pierres maçonnées apparaît sous l’enduit. C’est le bon moment pour vérifier qu’elle est saine et pour prévoir une coupure de capillarité entre l’ancien et le neuf.

2. Semelle filante en béton armé

Plutôt que des plots, l’agrandissement repose ici sur une semelle filante en béton armé qui fait le tour de l’emprise. Le ferraillage est posé dans la fouille, puis le béton est coulé. La semelle reçoit ensuite directement le plancher bas en bois.

3. Plancher bas en bois

Le plancher du rez-de-chaussée est une structure en solives Douglas assemblées, posée sur la semelle et calée au niveau du seuil de la maison. Il sera isolé puis fermé par des panneaux OSB et un pare-vapeur, avant la pose du parquet.

4. Murs ossature bois du rez-de-chaussée

Les murs arrivent en panneaux : ossature Douglas 145 × 45 mm, contreventement OSB 9 mm à l’extérieur, puis pare-pluie et liteaux 25 × 45 mm qui créent la lame d’air ventilée derrière le bardage. Les réservations des menuiseries sont faites dès l’atelier.

5. Plancher d’étage et trémie d’escalier

Les solives de l’étage reposent sur les murs du rez-de-chaussée. Le plancher est fermé en OSB en laissant une trémie de 1,30 × 1,30 m pour l’escalier hélicoïdal.

6. Murs de l’étage et charpente monopente

Les murs de l’étage montent à leur tour, avec un pignon en pente qui donne la forme du toit. La charpente monopente vient s’appuyer contre le mur en pierre de la maison. D’après les dates des photos, il s’est écoulé environ deux semaines entre la pose du plancher bas et la mise hors d’eau.

7. Couverture et menuiseries : hors d’eau, hors d’air

La toiture reçoit des tuiles romanes, comme la maison. Les coulissants alu avec volets roulants et la porte-fenêtre sont posés : l’extension est fermée et l’on peut attaquer l’intérieur à l’abri.

8. Isolation et lambris intérieur

La laine de roche est posée en deux couches de 60 mm entre les montants, puis vient le pare-vapeur et un lambris pin de 13 mm. Côté maison, le mur en pierre reste apparent : un vrai plus pour le cachet des deux pièces.

9. Liaison avec la maison et escalier

Au rez-de-chaussée, un passage existant relie l’extension à la maison. À l’étage, une ancienne fenêtre de la façade a été ouverte jusqu’au sol pour devenir une porte. Un escalier hélicoïdal en bois, à fût central, relie les deux niveaux en prenant très peu de place.

10. Bardage ivoire et finitions

Le bardage en pin classe 4, rainé-bouveté, est posé à l’horizontale à partir du bas, fixé avec des pointes inox. La teinte ivoire fait le lien avec l’enduit et la pierre claire de la maison.

Le résultat

Une fois meublées, les deux pièces gardent l’ambiance bois du lambris et du parquet, avec la pierre de la maison en fond de décor.

Nos conseils pour un agrandissement en ossature bois

  • Faites vérifier la fondation de la maison avant de coller une extension contre elle, et soignez la jonction (bande d’arase, solin, joint souple) entre la pierre et le bois.
  • Monter plutôt que s’étaler : sur un petit terrain, un R+1 de 20 m² au sol donne deux vraies pièces.
  • Réutilisez les ouvertures existantes : une porte ou une fenêtre transformée en passage évite d’ouvrir un mur porteur.
  • Choisissez un bois adapté : Douglas pour la structure, bardage classe 3 ou 4 sur une lame d’air ventilée.
  • Un escalier hélicoïdal libère de la surface quand chaque mètre carré compte (trémie de 1,30 m environ).
  • Pensez aux réseaux dès le départ : électricité, chauffage et évacuations passent dans l’ossature avant le lambris.

Quelles démarches pour agrandir sa maison ?

Une extension de plus de 20 m² de surface de plancher demande un permis de construire. En zone urbaine d’un PLU, ce seuil passe à 40 m², sauf si la surface totale de la maison dépasse alors 150 m². Ici, avec environ 41 m², un permis de construire a été déposé. Le recours à un architecte devient obligatoire si la maison dépasse 150 m² après travaux. Côté thermique, les petites extensions relèvent en général de la réglementation des bâtiments existants et les plus grandes de la RE2020 : la mairie ou un thermicien vous dira laquelle s’applique. Pensez aussi à la taxe d’aménagement.

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Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour un agrandissement en ossature bois ?

Sur ce chantier, les dates des photos montrent environ deux semaines entre la pose du plancher bas et la mise hors d’eau, puis quelques semaines pour l’isolation, le lambris, le bardage et les finitions. Comptez en plus le délai d’instruction du permis de construire.

Faut-il un permis de construire pour une extension de 40 m² ?

Oui en règle générale : au-delà de 20 m² de surface de plancher il faut un permis de construire, sauf en zone urbaine d’un PLU où la déclaration préalable reste possible jusqu’à 40 m² si la surface totale ne dépasse pas 150 m². Vérifiez toujours en mairie.

Peut-on poser une extension bois sur une semelle béton ?

Oui. Ici, une semelle filante en béton armé fait le tour de l’emprise et reçoit le plancher bas en bois. Des plots béton sont une autre solution courante, selon le terrain et l’étude de structure.

Comment relier l’extension à la maison existante ?

En réutilisant au maximum les ouvertures existantes : ici, un passage au rez-de-chaussée et une ancienne fenêtre agrandie en porte à l’étage. La jonction entre le mur en pierre et l’ossature doit être soigneusement étanchée.

Quel bois choisir pour l’ossature et le bardage ?

Le Douglas est très utilisé pour l’ossature grâce à sa durabilité naturelle. Pour le bardage, ce chantier utilise du pin massif traité classe 4, posé à l’horizontale sur une lame d’air ventilée.

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