Ajouter un étage à une maison en briques, l’agrandir et l’habiller de bois, avec un budget serré : c’est ce que montre ce chantier. Tout a été fait avec les moyens du bord, et pourtant le résultat est là. Voici toutes les étapes en photos, de la maison inachevée de départ jusqu’aux pièces terminées.
Le chantier en vidéo
Le projet : un étage, deux extensions et une maison habillée de bois
Le projet tenait en trois parties : créer un étage au-dessus des murs en briques existants, construire une extension de plain-pied entre la maison et la route, puis une extension de type véranda. Le tout en ossature bois, avec un bardage qui habille aussi la maison d’origine. Les portes et fenêtres ont été confiées à une autre entreprise.
Pourquoi le bois ? Parce qu’une ossature bois est légère, ce qui compte beaucoup quand on pose un étage sur des murs qui n’avaient pas été prévus pour ça. Le chantier est sec, rapide, et beaucoup de finitions se font en même temps que la structure.
La coupe de principe du mur de l’étage
Voici, de l’intérieur vers l’extérieur, la composition du mur de l’étage et du toit, telle qu’on la voit sur les photos du chantier.
Les étapes du chantier en photos
1. Le point de départ : une maison en briques inachevée
Au départ, c’est une petite maison de plain-pied en briques, avec des murs d’agrandissement déjà montés en briques mais restés sans toiture, et un vieux mur en pierre en limite. Le budget est serré : l’idée est de garder tout ce qui peut l’être et d’ajouter le reste en bois, plus léger et plus rapide à monter.
2. Le plancher de l’étage posé sur les murs existants
Les solives du plancher de l’étage sont posées directement sur les murs en briques. Sur le vieux mur en pierre, une arase en béton est coulée dans un coffrage pour obtenir une assise plane et horizontale avant de poser le bois.
3. Les premiers murs à ossature bois
Les premiers murs de l’étage sont levés sur l’arase : montants, traverses et lisses en Douglas naturel, un bois de classe 3 qui se passe de traitement. Une ossature bois pèse bien moins lourd qu’un étage en maçonnerie, ce qui limite la charge apportée sur les murs et les fondations existants.
4. Les fondations des extensions de plain-pied
En parallèle, les extensions de plain-pied sont préparées : terrassement à la mini-pelle, tranchées de fondation, passage des réseaux, puis coulage des dalles en béton qui recevront les murs en ossature bois.
5. L’ossature complète de l’étage
Les murs de l’étage prennent forme. Les ouvertures sont prévues directement dans l’ossature, avec leurs linteaux : c’est le moment de bien vérifier les dimensions des fenêtres commandées.
6. La charpente et le lambris de toiture
La charpente est posée, puis un lambris est cloué sur les chevrons : vu de l’intérieur, il forme directement le plafond apparent, sans faux plafond à ajouter. Il est protégé tout de suite par un écran pour mettre l’étage hors d’eau.
7. Contreventement OSB, pare-pluie et tasseaux
Les murs sont contreventés par des panneaux OSB, puis recouverts d’un pare-pluie. Des tasseaux verticaux sont fixés par-dessus : ils créent la lame d’air ventilée derrière le bardage et servent de support aux lames.
8. Les débords de toit sur corbeaux
Les débords de toit reposent sur des corbeaux en bois (jambes de force). Ils protègent le bardage de la pluie et donnent son caractère à la façade.
9. L’étage hors d’eau, vu de l’intérieur
Une fois hors d’eau, l’étage se découvre de l’intérieur : ossature, plancher et plafond en lambris. Une trémie est réservée pour l’escalier.
10. La pose du bardage bois
Le bardage est posé à l’horizontale, lame après lame, sur l’étage puis sur le rez-de-chaussée. Il est en Douglas traité autoclave (classe 4) : c’est ce traitement qui lui donne sa teinte verte au départ, avant qu’il ne prenne sa couleur définitive avec le temps. Les tuiles en terre cuite sont posées en même temps sur la toiture.
11. Les portes et fenêtres
Les fenêtres sont posées avec un encadrement en bois qui fait la jonction avec le bardage. Une ancienne porte vitrée a été récupérée et remise en façade : une vraie économie, et du cachet en plus.
12. Le parquet en pin massif
À l’étage, un parquet en pin massif est posé sur le plancher, puis vitrifié.
13. L’extension de type véranda
Deuxième partie du projet : une extension de plain-pied de type véranda, avec de grandes baies coulissantes. Les murs en ossature bois restent protégés par le pare-pluie en attendant le bardage.
14. Côté vieux mur en pierre
Côté vieux mur en pierre, l’ossature est montée le long du mur, et le bardage habille l’étage au-dessus des pierres, sous les mêmes débords de toit sur corbeaux.
15. La maison d’origine isolée par l’extérieur
La maison d’origine en briques est traitée elle aussi : des tasseaux sont fixés sur les murs, un isolant est placé entre eux, puis le même bardage est posé. Résultat : une maison mieux isolée, et un aspect bois uniforme sur toutes les façades.
16. Isolation intérieure et lambris
À l’intérieur, l’isolant est posé entre les montants de l’ossature, puis les murs sont habillés de lambris en bois blanc, jusque sous le plafond en pente.
17. Les pièces terminées
Les pièces finies sont lumineuses et tout en bois : parquet en pin, lambris, grandes baies ouvertes sur le jardin. Les poutres anciennes de la maison ont été gardées et cohabitent avec la nouvelle charpente.
18. Le résultat
De l’extérieur, la petite maison en briques est devenue une maison bois avec un étage, une extension lumineuse et des façades homogènes. Un chantier fait avec les moyens du bord, mais un résultat dont on peut être fier.
Avant de vous lancer : les points à vérifier
- La structure existante : murs et fondations doivent supporter l’étage. Faites-les vérifier par un professionnel (bureau d’études ou constructeur bois).
- L’urbanisme : une surélévation demande en général un permis de construire (au-delà de 20 m² créés, ou 40 m² en zone urbaine d’un PLU sous conditions). Architecte obligatoire si la surface totale dépasse 150 m². Le PLU peut limiter la hauteur.
- La thermique : selon la surface ajoutée, la réglementation thermique de l’existant ou la RE2020 s’applique à l’extension. Renseignez-vous avant de choisir les isolants.
- L’assurance : demandez l’attestation décennale des entreprises qui interviennent sur la structure et la toiture.
Nos conseils pour un agrandissement bois à petit budget
- Garder tout ce qui est sain : murs en briques, vieux mur en pierre, poutres anciennes.
- Profiter du lambris de toiture comme plafond apparent : une finition en moins à payer.
- Récupérer d’anciennes menuiseries quand elles sont en bon état, comme la porte vitrée de ce chantier.
- Isoler la maison existante par l’extérieur en même temps que la pose du bardage : un seul échafaudage, un seul chantier.
- Prévoir des débords de toit généreux pour protéger le bardage de la pluie.
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Questions fréquentes
Peut-on surélever une maison en briques avec une ossature bois ?
Oui, c’est même l’une des solutions les plus courantes, car une ossature bois est beaucoup plus légère qu’un étage en maçonnerie. Il faut quand même faire vérifier par un professionnel que les murs et les fondations existants supportent la charge supplémentaire, et prévoir une arase plane pour poser le plancher et les murs.
Faut-il un permis de construire pour une surélévation ?
En général oui, car une surélévation crée de la surface de plancher et modifie l’aspect extérieur. Au-delà de 20 m² créés (40 m² en zone urbaine d’un PLU, sous conditions), le permis de construire est obligatoire, et le recours à un architecte l’est aussi si la surface totale dépasse 150 m². Renseignez-vous en mairie, le PLU peut aussi limiter la hauteur.
Pourquoi choisir le bois pour agrandir à petit budget ?
Le chantier est sec et rapide, la structure est légère, et une grande partie des finitions est faite en même temps : le lambris de toiture sert de plafond, le bardage sert de finition extérieure. On peut aussi récupérer d’anciennes menuiseries et garder des poutres existantes.
Douglas naturel ou Douglas autoclave ?
Le Douglas est naturellement de classe 3 : il convient pour une ossature et une charpente à l’abri, sans traitement. Pour un bardage très exposé, on peut le passer en autoclave pour atteindre la classe 4 ; c’est ce qui donne aux lames leur teinte verte au départ. Sur ce chantier : ossature en Douglas naturel, bardage en Douglas autoclave.
Faut-il isoler aussi la maison existante ?
C’est le bon moment pour le faire. Sur ce chantier, les murs en briques d’origine ont reçu des tasseaux, un isolant et le même bardage que l’étage : la maison gagne en confort et toutes les façades ont le même aspect.